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Adieu la Rivière ! de Jean-Charles Cougny
Petite revue de presse non exhaustive
L'Yonne mag, supplément de l'Yonne républicaine, 18 mars 2006
Combien de foyers paysans ont vécu pareils tourments ? L’exploitation familiale, trop réduite, ne permettait pas au père et au fils de subsister. S’étendre ? Trop coûteux. Patienter jusqu’à la retraite du patriarche ? Trop aléatoire. Acquérir ou louer une ferme en vente ? A condition d’être en mesure de contrer les appétits voraces !
Marco et son fils Damien, les héros du roman de Jean-Charles Cougny, sont confrontés à un choix cruel : si Damien ne parvient pas à louer la ferme de la Rivière, il pourra dire adieu à ses rêves. Hors, le voisin, flanqué d’un patrimoine replet, lorgne déjà sur les terres…
Jean-Charles Cougny est paysan dans le Morvan. Dirigeant syndical, il connaît les joies et les peines de l’agriculture moderne, les angoisses de fins de mois, les désillusions, les coups de main et les petits coups bas. Cette expérience donne à son récit une authenticité que goûteront gens des campagnes et citadins en quête de racines. L’histoire du jeune Marco a valeur de témoignage.
Vents du Morvan, Avril 2006
Paysan, militant syndical, Jean-Charles Cougny ne fait pas mystère de ses engagements.
Son livre n’est pourtant pas une simple profession de foi mais un véritable roman.
La toile de fond du récit est une description méthodique de la concurrence meurtrière que se livrent les exploitations agricoles au détriment des plus petites. Les rouages de la mécanique économique étant posés, le livre prend corps très vite. Sa réussite tient essentiellement à l’authenticité des personnages, tous campés avec simplicité et précision. Ils avancent dans leur vie avec pudeur et dignité. Ils habitent peu à peu un scénario parfaitement orchestré où l’amour des bêtes, de la nature, des gens et du pays ne donne lieu à aucune envolée lyrique, à aucune ostentation. Il est évidence. Loin des « écrivains paysans » charriant d’anciennes nostalgies, voici les semailles contemporaines d’un « paysan écrivain ».
Sans jamais rechercher les effets de style, Jean-Charles Cougny nous livre cependant, en bonus, quelques passages délicieux telle cette description d’artiste que je vous offre en conclusion : « Jean-Pierre, le tailleur de pierre (…) était très parcimonieux dans l’effort. En général, il ne laissait jamais le temps à la pointe du burin de chauffer. La pierre était ou trop chaude ou trop froide, ou trop humide, voire trop dure. Du coup sa production, bien qu’assez exceptionnelle paraît-il, était rare, homéopathique. Il la vendait cher et heureusement, car bon marché, il n’aurait pu fournir… ».
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